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Concert — 11 juillet 1965 — Vionnaz
Fanfare l'Espérance de Vionnaz
Malgré le temps maussade de toute la semaine précédente, nous bénéficions d'un temps splendide en ce dimanche 11 juillet. C'est avec un moral du tonnerre que les musiciens et les accompagnants prennent le départ à la maison de commune aux alentours de 10h. Le car postal et le fourgon de Charly Fracheboud ainsi que quelques voitures privées mènent tout le monde à Torgon où rendez-vous nous est donné à 11h. pour le concert apéritif. Les maîtres queux, et grands spécialistes de la broche que sont Marcel Bressoud, le Rostello de la broche et ses acolytes Jean-Marie Mariaux et André Veuthey sont déjà sur place depuis tôt le matin. Nous jouons donc quelques marches à 11h devant l'hôtel de Torgon pour la plus grande joie des Torguenious et de quelques étrangers. Ce concert est arrosé par quelques verres offerts par la chorale de Revereulaz et Urbain Guérin. Nous poursuivons notre route à 12h30 environ pour nous rendre sur les lieux ; soit la cantine de la Jorettaz ou du Cleuset, si vous préférez. Là nous faisons une petite halte devant un sympathique fourneau pour déguster un vieux pruneau des plus sonnants. Ensuite de quoi, chacun se met à table, certains dans la cantine, d'autres préférant s'asseoir sur l'herbe. Puis les tranches de rôti de porc commencent à affluer. Ces morceaux fameux accompagnés d'une salade aux haricots non moins fameuse (elle était du reste préparée par la fille de notre directeur) furent pris d'assaut ! Je n'ai pas besoin d'ajouter si elle était bonne, puisque vous connaissez celle qui l'ont préparée, du reste les remerciements dont ils furent l'objet de la part de tous les participants en témoignent. J'en profite pour les remercier encore une fois. A la suite de ce plantureux repas, certains jeunes entamèrent une partie de football endiablée, d'autres préférèrent rester couchés, la digestion étant plus lente à se faire. Quelques chevronnés du jass se mirent à taper le carton avec forces gestes et cris, sans oublier d'arroser soit une victoire, soit une défaite. La partie récréative s'est déroulée dans une ambiance du tonnerre et nous reprenons le chemin de Torgon aux environs de 17h. A Torgon nous rejouons quelques pas redoublés accompagnés encore de nombreux verres. Meinrad Fracheboud est heureux de se retrouver chez lui. A 18h30, les véhicules nous embarquent pour Mayen où le repas du soir est prévu. Notre président a eu une riche idée de prévoir cet arrêt dans le patelin de sa future. En effet les habitants de ce sympathique hameau nous ont réservé un accueil sans précédent. Je crois d'ailleurs que c'est la première fois depuis bien longtemps que l'Espérance s'arrête dans ce hameau. Il n'y avait qu'à voir la mine des habitants de Mayen pour y lire la joie d'entendre de la musique chez eux. Tous nos amis montagnards arrivaient avec des bouteilles sous chaque bras. Nous avons du reste eu beaucoup de peine à les boire toutes. Nous profitons aussi de cet arrêt pour terminer les restes de la broche. Les portions froides furent les bienvenues, il faut le penser puisque les 36 kgs de rôti furent nivelés jusqu'au dernier gramme. Enfin comme toute chose à une fin, c'est à la tombée de la nuit que nous quittons nos amis montagnards pour reprendre le chemin de la plaine. Arrivés à Vionnaz, nous nous rendons chez Maurice Rey où Rodolphe payait un verre pour arroser ou noyer les 30 ans qu'il fêtait le jour même. Nous gardons un beau souvenir de cette belle journée passée dans une ambiance formidable et d'une saine camaraderie, malgré quelques petits incidents sans gravité oubliés du reste le même jour. Je termine en espérant que l'on pourra récidiver prochainement. N.B. Rodolphe m'a fait savoir qu'il avait retrouvé son alto.